Webcarcenter Voiture occasion et neuve

Shell Eco-Marathon

Toujours plus loin… sans carburant supplémentaire ! (1/3)

Par Claude Avass le 27 mai 2008

Envoyer à un amiImprimer

L’étape européenne du Shell Eco-Marathon s’est déroulée pour sa 24ème édition du 22 au 24 mai sur le circuit Paul Armagnac de Nogaro (près de Pau). 206 équipes d’étudiants venues du monde entier se sont affrontées avec un seul objectif : parcourir un maximum de kilomètres avec un minimum de carburant.

Toujours plus loin… sans carburant supplémentaire !

Le but n’est pas d’établir des records de vitesse mais d’améliorer sans cesse l’efficacité énergétique de bolides mis au point par de jeunes concepteurs et ingénieurs. Le record à battre pour un moteur à combustion : 3.410 km avec un seul litre d’essence… De quoi laisser rêveur plus d’un automobiliste !

Même si une telle performance n’a pu être réalisée ce week-end, en grande partie en raison des mauvaises conditions météorologiques, les jeunes participants s’en sont donné à cœur joie.

Deux catégories : les règles à respecter
Toujours plus loin… sans carburant supplémentaire !

Divisées en deux catégories (Prototypes et UrbanConcept), les véhicules conçus par les étudiants parcourent entre 22 et 25 kilomètres par manche à une vitesse moyenne minimale comprise entre 25 et 30 km/h. Les équipes sont réparties en quatre sous-catégories en fonction du ''carburant'' utilisé : Essence, Gazole, GPL et Energies alternatives.

A la fin du parcours, la quantité d’énergie consommée est mesurée avec une extrême précision : la distance qui aurait été parcourue avec l’équivalent énergétique d’un seul litre de carburant est calculée.

A la différence des Prototypes, les véhicules UrbanConcept sont obligés d’effectuer trois « stop-and-go » de 10 secondes au cours de chaque manche afin de refléter les conditions de conduite en milieu urbain. Ils doivent également ressembler autant que possible aux véhicules de Monsieur tout-le-monde avec porte, quatre roues…

Quelques chiffres
Toujours plus loin… sans carburant supplémentaire !

. 24ème édition

. 206 équipes (1/3 de collèges et lycées ; 2/3 d’universités)

. 22 pays du monde entier dont quatre nouveaux venus : la Hongrie, la Bulgarie, le Maroc et l’Iran.

. 75 % des véhicules sont inscrits dans la catégorie Prototypes et 25 % dans la catégorie UrbanConcept

. 30.000 € de prix sont décernés aux écoles

Des technologies pour demain ?
Toujours plus loin… sans carburant supplémentaire !

Alors que les prix à la pompe battent chaque jour de nouveaux records, les projets développés dans le cadre du Shell Eco-Marathon permettent d’espérer des jours meilleurs pour le porte-monnaie des automobilistes. Imaginez un peu : parcourir plus de 3.000 kilomètres avec un seul litre d’essence…

Car avant de se livrer à une compétition très conviviale, les équipes s’évertuent à développer des concepts innovants permettant de repousser sans cesser les limites énergétiques. Moteurs à combustion, piles à combustibles ou moteurs à énergie solaire, toutes les pistes sont exploitées pour imaginer la technologie de nos véhicules de demain.

Cette année, pour la première fois, des véhicules ont même fonctionné au GTL, un carburant alternatif ultra-propre issu du gaz naturel, qui peut être utilisé dans les moteurs diesels traditionnels.

Plus économes, plus efficaces, plus propres
Toujours plus loin… sans carburant supplémentaire !

Même des piles à combustibles fonctionnant à l’hydrogène ont été utilisées par deux équipes (l’Université des sciences appliqués d’Offenburg en Allemagne et la Technical university of Denmark) tout en réussissant la prouesse de figurer dans le top dix de la catégorie des prototypes (2ème et 8ème avec respectivement 3.198 km et 2.328 km pour un litre de carburant). Même si on est encore loin d’avoir réglé la cascade de problèmes à résoudre pour une utilisation de l’hydrogène dans la voiture de Monsieur tout-le-monde, ce genre de performance laisse à penser qu’un développement grand public ouvrirait certainement des perspectives intéressantes.

Une grande performance a d’ailleurs été réalisée au cours du week-end. En UrbanConcept, l’équipe hollandaise de la De Haagse Hogeschooll s’est imposée en établissant un nouveau record du monde avec un véhicule propulsé par une pile à combustible. Avec 848 km au compteur, le précédent record réalisé en 2006 a été battu de 38 km. Une performance d’autant plus remarque que les conditions météorologiques n’étaient pas idéales à cause des nombreuses averses.

Dans l’autre catégorie, l’équipe de la Joliverie avec du SP 95 a été fidèle à sa réputation en multipliant les performances exceptionnelles. Dès son premier essai le véhicule de l’école a réalisé la performance de 3.297 km… soit 258 kilomètres de plus que l’année dernière ! L’équipe a d’ailleurs terminé à la première place avec 3.382 km.

Toutes ces prouesses technologiques se doublent en plus d’un intérêt écologique : les équipes ont en effet pour mission de réduire leurs émissions de CO2 au maximum. Ainsi les véhicules du Shell Eco-Marathon sont certainement les plus propres au monde : jusqu’à seulement 0,5 g/km émis pour certains prototypes. A titre de comparaison, les émissions moyennes d’une voiture européenne s’élèvent à 160 g/km…

Un même objectif mais des moyens différents
Toujours plus loin… sans carburant supplémentaire !

Si la motivation des étudiants atteint des sommets dans chaque stand, on ne peut pas en dire autant des budgets. Car les équipes sont loin d’être logées à la même enseigne : si certaines grandes écoles internationales peuvent réunir jusqu’à 200.000 €, d’autres doivent composer avec moins de 10.000 euros. Ce qui ne les empêche de réussir de belles performances : « on compense grâce au système D, explique Jean-Christophe, responsable de l’équipe d’un IUT français. Nous ne comptons pas nos heures. Cela réclame un investissement total de l’encadrement… et surtout des étudiants ! »

L’équipe du CFAI Aforp de Drancy (Seine Saint-Denis) a même récupéré d’anciennes cannettes de sodas pour constituer la majeure partie de la carrosserie de leur véhicule. Les élèves en ont réunies 3.000 en trois mois. Au total, un an d'effort a été nécessaire pour préparer l’ensemble du véhicule. « Notre objectif n’est pas de battre les records mondiaux mais de boucler chaque manche, explique Luc Moret, formateur en Maths Sciences. Nous visons néanmoins les 500 km, ce qui est une performance honorable (ndlr : l’équipe ne parviendra finalement pas à se classer). Les élèves de chaque filière de notre établissement sont mis à contribution. De l’usinage jusqu’à la conception électrique. C’est un projet qui fédère les énergies et motive nos étudiants. C’est une chance pour eux de pouvoir participer à un tel événement ».

D’autant que pour certains, le Shell Eco-Marathon déclenche des passions. Balla, 15 ans et longiligne pilote de l’équipe, vibre à chaque manche sur la piste : « C’est impressionnant, avant je regardais seulement la F1 à la télévision… et maintenant, c’est moi qui suis sur la grille de départ ! »

 

1 | 2 | 3

Page suivante »