Webcarcenter Voiture occasion et neuve

Ondine la soeur de la petite reine

Par Patrice VERGES le 03 septembre 2007

Envoyer à un amiImprimer

Il y a un peu plus de 50 ans, la Renault Dauphine voyait le jour. Cette petite berline populaire rencontra un beau succès commercial jusqu’au début des années 60 où la version Ondine se rajouta à la gamme.

Les premières Dauphine se reconnaissaient à leurs roues type 4 CV qui seront remplacées par des jantes pleines dès 1958

Face aux cadences infernales destinées à répondre à une forte demande, la Dauphine n’évolua pratiquement pas pendant ses premières années. Cette berline 4 places extrapolée de la populaire 4CV offrait dans un océan de qualités, un îlot de défauts auxquels Renault aurait été stupide de remédier puisque la demande dépassait l’offre.

Mais en 1961, l’annonce d’une future petite Simca 1000 liée à la concurrence du nouveau marché commun, incita Renault à effectuer quelques efforts pour soutenir ses cadences de 1.700 voitures par jour.

Ce fut l’Ondine qu’on peut qualifier de la meilleure des Dauphine jamais construites.

Une Dauphine de luxe

L’Ondine offrait une planche de bord plus élégante peinte ne noir. Elle recevait le volant à branches décentrées de la Floride et quelques enjolivures supplémentaires

L’Ondine nourrissait le sentiment que son conducteur était au volant d’une petit véhicule de luxe. Une philosophie innovante il y a plus de 40 ans où opulence ne rimait qu’avec grosse voiture.

Avec ses sièges bicolores à dossier partiellement inclinable, ses garnitures de portes soignées, son sol tapissé de moquette, ses chromes omniprésents, sa présentation pimpante, sa meilleure isolation, cette version luxe de la Dauphine était bien plus attirante.

Sa planche de bord désormais noire ne se reflétait plus dans le pare-brise, des baguettes latérales, des butoirs de pare-chocs recouverts de caoutchouc et un tube de protection de la trappe de roues de secours, la protégeaient des pièges urbains.

N’oublions pas un lave-glace rare pour cette cylindrée, les chics pneus à flanc blanc de série et surtout le choix d’adopter une teinte métallisée comme l’élégant gris Duguesclin générant une image de luxe et de classe.

Cocktail mécanique

L’Ondine se reconnaît à ses roues ajourées, ses baguettes chromées, ses butoirs caoutchouté et sa très belle peinture métallisée

Grosso modo, elle avait conservé toutes les caractéristiques de la Dauphine. Son petit 4 cylindres de 850 cm3 toujours placé à l’arrière en porte à faux délivrant autour de 31 ch SAE lui permettait de filer sur la route à 115 km/h avec une bonne nervosité. Des performances encore honorables pour la cylindrée.

Pour ceux qui estimaient que ce n’était plus assez, Renault proposait la Gordini équipée de la mécanique poussée à 40 ch de la Floride. L’Ondine était un cocktail entre les deux dont elle reprenait le volant très élégant à branches décentrées de la seconde et la boîte à 4 rapports de la première, mais avec le petit 31 ch.

Depuis toujours, on reprochait au cheval de bataille de la Régie, sa boîte à 3 rapports mal étagés surtout en montagne. 4 vitesses lui apportaient de meilleures reprises en évitant de trop « taper » dans les freins en descente. Car le freinage de la Dauphine confié à quatre petits tambours était loin d’être sa meilleure qualité.

En dotant la gamme de tambours plus gros pour 1961 et de jantes joliment aérées favorisant le refroidissement, l’Ondine montrait un freinage enfin honnête et plus endurant.

Une vraie sportive

La Dauphine était une voiture redoutable en rallyes. Les versions usine à carrosserie en aluminium avaient une boîte à vitesses à 5 rapports

Généralement, les conducteurs de Dauphine se prenaient pour des grands pilotes s’imaginant être aussi véloces que ceux de l’écurie officielle de la Régie qui avaient gagné le Tour de Corse et le Monte Carlo. C’est vrai que son coté survireur né de son moteur en porte à faux faisait merveille sur petites routes sinueuses.

Hélas, beaucoup de conducteurs moyens y avaient laissé la vie. Car, elle était très légère du nez obligeant nombre de ses possesseurs à placer dans le coffre, un sac de sable de 50 kilos, afin de mieux l’asseoir sur son train avant. C’était aussi une survireuse-née exigeant des amortisseurs et des pneus en bon état et suffisamment gonflés. Sinon, dans une double enfilade, elle se plantait sur son essieu arrière oscillant, passant violemment après une amorce de glissade contrariée, du négatif au carrossage positif avec en corollaire le tonneau assuré ! Et comme la Dauphine était ronde, elle roulait vite et longtemps sur le toit.

Ceux qui savaient piloter en revanche, se régalaient en tenant tête aux grosse cylindrées avec une voiture légère (600 kg) virevoltant dans les virages. Ils la conduisaient tout en finesse et subtilité en tenant avec des doigts aériens son volant léger mais précis. Pour 1961, profitant de l’Ondine, Renault prit le problème à bras le corps en surbaissant la boîte à vitesses pour accroître le carrossage négatif des roues. C’était mieux !

Toute en finesse

En 1961, la Dauphine qui allait sur ces cinq ans n’avait bénéficié que de timides améliorations pour la simple raison qu’elle se vendait très bien

Cette ravissante Ondine avait aussi conservé les défauts conceptuels de la Dauphine dont certains étaient le fait de son âge. Moderne en 1956, sa carrosserie rondouillarde prit vite un sale coup de vieux quand Pininfarina imposa ses silhouettes cubiques apportant un meilleur volume intérieur et une visibilité accrue. Points où la Dauphine Ondine laissaient percevoir de grosses rides. L’Ondine vendue 10% de plus que la Dauphine n’était pas donnée face au prix d’une 1300 cm3.

Mais, elle séduisit quelques possesseurs de Dauphine heureux de constater enfin du nouveau après en avoir usé plusieurs. Mais, elle ne bouleversa pas la vie de ce modèle dont les ventes chutèrent vite après 1961, mise à mal par la R4 et surtout la R8. Elle continua à vivre jusqu’en 1967 et fut produite à 2,2 millions d’exemplaires.

A l’instar de toutes les voitures populaires, elle vécut plusieurs vie après sa vie. Pour beaucoup de jeunes de ces années là, elle fut la première voiture achetée une bouchée de pain juste après le permis. C’est à son volant qu’ils apprirent les subtilités de sa conduite, les jours de vent où elle était volage, mais aussi les jours de neige où elle était un peu vicieuse avec son nez trop léger et son cul trop lourd.

A l’instar de toutes les voitures populaires, elle vécut plusieurs vie après sa vie. Pour beaucoup de jeunes de ces années là, elle fut la première voiture achetée une bouchée de pain juste après le permis. C’est à son volant qu’ils apprirent les subtilités de sa conduite, les jours de vent où elle était volage, mais aussi les jours de neige où elle était un peu vicieuse avec son nez trop léger et son cul trop lourd.